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Anxiété sociale ou simple timidité?

Dernière mise à jour : 24 mars



Selon des données récentes de l'INSERM, entre 1,7 % et 4,7 % de la population est touchée par l'anxiété sociale (2021). Cette condition se caractérise par une peur persistante et excessive face à des situations impliquant le jugement d'autrui.


Ces situations peuvent varier, allant des interactions sociales courantes, comme participer à une soirée ou aborder quelqu'un, aux moments de performance publique, tels qu'un discours ou une présentation, en passant par l'expression de désaccords ou la gestion de conflits (Chapelle, 2018).


L'anxiété sociale est souvent perçue comme un continuum, s'étendant de la timidité, vue comme un trait de caractère commun, à des formes plus sévères et handicapantes de l'anxiété sociale. Cette distinction peut se faire selon plusieurs critères : l'intensité de l'anxiété ressentie, le niveau de détresse éprouvé, l'impact sur le fonctionnement quotidien et le degré de limitation imposé par cette condition (Trybout, 2018).


Alors que la timidité est un trait relativement répandu, affectant une plus large portion de la population, l'anxiété sociale, elle, concerne une minorité (André, 2004). Un tableau comparatif, élaboré par Fanget (2018), permet d'illustrer clairement les différences entre timidité et anxiété sociale sévère :



Les manifestations de l'anxiété sociale, comme identifiées dans les travaux de Fanget (2007) et Chapelle (2018), incluent une variété de symptômes physiques et psychologiques significatifs :


- Réactions Physiologiques : Les individus peuvent expérimenter des tremblements, des rougissements et des sueurs, signes visibles de leur détresse interne.


- Évitement Comportemental : Il y a une tendance marquée à éviter les situations jugées anxiogènes, c'est-à-dire celles susceptibles de provoquer de l'anxiété.


- Hyper-conscience de Soi : Pendant les interactions sociales, une focalisation excessive sur soi-même peut se manifester, accompagnée de pensées auto-dépréciatives telles que « Que va-t-il penser de moi ? », « Je n'ai pas l'air bien », « Il va remarquer que je suis mal à l'aise ».


- Distorsions Cognitives : Des interprétations erronées de situations sociales banales peuvent survenir, comme « S'il ne m'a pas salué, c'est qu'il me trouve idiot » ou « Tout ce qui se passe de mal est de ma faute ».


Stratégies pour surmonter l'anxiété sociale :


Pour réduire l'anxiété dans les contextes sociaux, il est crucial d'intervenir directement sur les facteurs contributifs. L'une des approches consiste à identifier et à reformuler les pensées automatiques négatives qui perpétuent ce trouble, grâce à des séances de psychothérapie.

Une méthode pratique empruntée aux thérapies cognitives, et immédiatement applicable, est celle des quatre colonnes. Ce procédé implique la création d'un tableau divisé en quatre parties :


1. Situation Anxiogène : Identifiez le contexte précis provoquant de l'anxiété, tel que s'adresser à une figure d'autorité.

2. Réactions Émotionnelles et Physiques : Notez les émotions et sensations corporelles ressenties, comme le fait de trembler, avoir peur, ou transpirer.

3. Cognitions (Pensées) : Consignez les pensées automatiques qui surgissent, telles que « Je suis inefficace », « Il doit me trouver stupide », ou « Je risque de perdre mon emploi ».

4. Pensées Alternatives : Développez des contre-pensées plus positives et réalistes, comme « Je suis compétent(e) », « Je fais de mon mieux », ou « J'ai des qualités et des compétences ».

Ce tableau est un outil évolutif, destiné à être consulté et ajusté selon les besoins, afin de refléter les progrès réalisés et les défis rencontrés.


Dans ma pratique, je m'attache à encourager l'émergence d'une image de soi plus valorisante et la mise en œuvre de comportements nouveaux et constructifs, notamment par le biais de l'hypnose. Cette approche vise non seulement à transformer la perception de soi, mais aussi à faciliter l'adoption de réactions plus adaptées et positives lors de situations sociales.


Bibliographie :

André, C. (2004). Timides, vous n’êtes pas seuls. cerveauetpsycho.fr; Pour la Science. Consulté 22 août 2022, à l’adresse https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/https:https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/timides-vous-n-etes-pas-seuls-5493.php

Chapelle, F. (2018). 8. Trouble anxiété sociale (phobie sociale). In Thérapies comportementales et cognitives: Vol. 3ème éd. (p. 57‑63). Dunod. https://doi.org/10.3917/dunod.chape.2018.02.0057

Fanget, F. (2007). De l’inhibition sociale à l’anxiété sociale. Le Journal des psychologues, 244(1), 24‑28. https://doi.org/10.3917/jdp.244.0024

Phobie sociale : Tout ce qu’il savoir sur l’anxiété sociale. (2022). Consulté 17 août 2022, à l’adresse https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=phobie-sociale-pm

Troubles anxieux ⋅ Inserm, La science pour la santé. (2021). Inserm. Consulté 17 août 2022, à l’adresse https://www.inserm.fr/dossier/troubles-anxieux/

Trybou, V. (2018a). Chapitre 1. Comprendre l’anxiété sociale. In Comprendre et traiter l’anxiété sociale (p. 4‑19). Dunod. https://www.cairn.info/comprendre-et-traiter-l-anxiete-sociale--9782100779291-p-4.htm

Trybou, V. (2018b). Chapitre 2. Modèles explicatifs de l’anxiété sociale. In Comprendre et traiter l’anxiété sociale (p. 20‑25). Dunod. https://www.cairn.info/comprendre-et-traiter-l-anxiete-sociale--9782100779291-p-20.htm

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